
21,1 km. Plus de 500 m de D+. Troisième jour consécutif d’effort — après 41 km samedi et 41 km dimanche à la Marche internationale de Diekirch. Total du weekend : ~103 km. L’objectif n’était pas de souffrir, c’était de répondre à une seule question : est-ce que les jambes encaissent le volume ? Dans 3 mois, il faudra tenir 200 km et 8 000 m de D+. Ce lundi 1er juin au Bambësch, c’était le premier test sérieux. Voici ce que ça a donné.
Contexte : le 3ᵉ jour consécutif — ~103 km sur le weekend
Ce n’était pas une sortie anodine. Le samedi 30 mai, j’avais couru le Jour 1 de la Marche internationale de Diekirch — 41,2 km, 923 m D+, 4h41 de mouvement. Le dimanche 31 mai, le Jour 2 vers Beaufort — 40,7 km, 781 m D+, orage de grêle au km 20 compris. Deux jours consécutifs, 82 km et 1 700 m de D+ cumulés.
Le lundi 1er juin, au lieu de récupérer, j’ai chaussé les trails et je suis sorti pour le Trail 2 + Trail 3 du Bambësch. Troisième jour d’effort consécutif. Total du weekend : environ 103 km. Ce n’est pas de la bravade — c’est de la méthode. Dans 3 mois, The Great Escape me demande 200 km et 8 000 m de D+. Ce type de bloc de charge, enchaîner des jours lourds et observer comment le corps répond, c’est exactement ce qu’il faut construire maintenant. Ce weekend marque le vrai début de training.
J’avais un avantage évident : je vis au-dessus du Bambësch. Le Trail 3 noir passe littéralement au-dessus de chez moi. Pas besoin de voiture, pas besoin de parking — je sors de chez moi, je monte, et je suis déjà dans le parcours. Ça ajoute quelques centaines de mètres de D+ supplémentaires par rapport aux chiffres officiels, et ça change l’approche mentale aussi : pas de filet de sécurité, pas de voiture à 200 m si ça tourne mal. On est sorti pour faire la sortie, on rentre à pied.
Note sur le D+ : les chiffres officiels VDL annoncent ≈ 465 m D+ pour la combinaison Trail 2 + Trail 3. Le GPX enregistré sur cette sortie donne 567 m — la différence s’explique par le départ depuis chez moi (montée initiale non comprise dans le circuit officiel) et par les variations d’algorithme entre montres. Les deux chiffres sont cohérents avec l’effort ressenti.
Profil altimétrique — ce que ça ressemble vraiment
Profil d’élévation — Trail 3 + Trail 2 enchaînés (21 km)
Données GPX réelles — départ depuis domicile inclus — point de jonction Spora indiqué en orange
Le plan de route — comment j’ai organisé la combinaison
Le point de connexion entre les deux boucles, c’est le tennis Spora — parking Spora/Batterie pour ceux qui arrivent en voiture. Depuis chez moi, j’attaque directement par le Trail 3 noir. C’est le sens qui s’impose naturellement quand on habite dans le coin : le circuit passe juste au-dessus de la maison, donc on rejoint le tracé officiel sans détour.
Au niveau du Spora, au lieu de continuer sur le Trail 3, je bascule sur le Trail 2 rouge. Je le boucle entièrement — les 10,2 km, du début à la fin — puis je reviens au Spora pour reprendre le Trail 3 là où je l’avais laissé et terminer la boucle noire. Résultat : 21,1 km au total, avec le Trail 2 encapsulé à l’intérieur du Trail 3.
Le Trail 2 s’intercale comme une parenthèse au cœur du Trail 3 — ça change le rythme mental et physique, c’est un avantage.
Le ressenti km par km
Km 0-5 : Trail 3, la mise en jambes depuis chez moi
Les premiers kilomètres depuis la maison incluent une montée qui n’est pas dans les chiffres officiels — c’est ce qui explique le D+ supérieur aux 465 m annoncés par la VDL. Les jambes répondaient bien malgré la semaine chargée. Le Trail 3 dans sa première moitié est technique par endroits — quelques descentes engagées, des racines, la zone qui peut être boueuse si les sangliers ont travaillé la nuit. Ce matin-là, terrain sec, bonne adhérence.
Km 5-15 : Trail 2 complet — la parenthèse roulante
Au niveau du Spora, changement de boucle. Le Trail 2 rouge, que je connais bien pour l’avoir testé séparément, joue un rôle intéressant dans la combinaison : il est plus roulant que le Trail 3, avec un terrain plus propre et moins technique. En termes de gestion d’effort sur une longue sortie, c’est presque une section de récupération relative — on avance bien, le balisage est clair, pas besoin de scruter le sol en permanence.
La racine du km 3 du Trail 2 était toujours là. Je la connais, je l’ai esquivée. Une ancienne connaissance.
Le point culminant du Trail 2 à 366 m d’altitude arrive vers le km 5,5 du circuit rouge — soit autour du km 10 global de ma sortie. C’est là que les cuisses commencent à envoyer quelques signaux. Pas de panique, c’est exactement l’objectif : travailler les appuis sur terrain fatiguant.
Km 15-21 : Retour sur le Trail 3 — le vrai test
Retour au Spora, reprise du Trail 3 pour sa seconde partie. C’est là que la combinaison devient vraiment intéressante du point de vue entraînement : on aborde la fin du parcours le plus technique avec des jambes qui ont déjà 15 km dans les pattes. Les descentes du Trail 3 demandent de la concentration, les relances après les creux sollicitent des muscles déjà bien sollicités. C’est précisément ce qu’on cherche pour simuler les conditions de fin d’ultra.
Au kilomètre 20, j’ai décidé de passer en marche pour le dernier kilomètre. Non pas parce que les jambes lâchaient — elles tenaient bien. C’était délibéré : sur 200 km de The Great Escape, il y aura des moments où on marchera, souvent tard dans la nuit, avec bien plus que 103 km dans les pattes. Savoir ce que ça fait de basculer marche/course au 3ᵉ jour consécutif d’effort, avec ces jambes-là spécifiquement — c’est une info d’entraînement réelle. Verdict : la transition se passe proprement, le rythme cardiaque redescend vite, les appuis restent stables. C’est une bonne nouvelle pour la suite.
Ce que cette combinaison apporte vraiment à l’entraînement
La combinaison Trail 2 + Trail 3 n’est pas juste « deux boucles de 10 km enchaînées ». Elle a une logique d’entraînement propre. Le Trail 3 en début de sortie force à être précis techniquement quand les jambes sont fraîches. Le Trail 2 au milieu permet un travail à allure soutenue sur terrain propre. Et le retour sur le Trail 3 en fin de parcours impose de gérer la technique sur la fatigue — exactement ce qu’exige un ultra. C’est aussi ça, rester performant et en bonne santé à 47 ans : construire la robustesse progressivement.
Pour quelqu’un qui habite à proximité et peut partir directement de chez soi, l’avantage est double : D+ supplémentaire dès les premiers mètres, et aucune logistique à gérer. Pas de parking à trouver, pas de voiture. On sort, on court, on rentre. C’est le luxe d’habiter là où on s’entraîne.
Si vous tentez cette combinaison depuis chez vous : partez en autonomie totale. Aucun point d’eau sur les circuits, aucun commerce en forêt. Pour 20 km : prévoyez au minimum 1 à 1,5 litre d’eau et des snacks énergétiques — la question du ravito, je la creuse dans tu pars avec combien de gels ?. Téléchargez les deux GPX ou utilisez l’application LetzTrail (gratuite) pour ne pas perdre le fil entre les deux boucles.
La suite : The Great Escape 200 km — les 3 mois commencent maintenant
Cette sortie du 1er juin clôt un bloc de charge de trois jours qui marque officiellement le début du training sérieux. Après la Marche internationale de Diekirch Jour 1 le samedi 30 mai et le Jour 2 dimanche avec son orage de grêle à Beaufort, ce troisième jour trail valide une chose essentielle : le corps encaisse. Pas sans effort, pas sans fatigue — mais il encaisse. C’est le signal qu’on peut construire là-dessus.
The Great Escape, c’est 200 km et 8 000 m de D+ dans 3 mois. Le Bambësch ne simule pas ça en dénivelé pur. Mais pour construire la capacité à courir le 3ᵉ jour, à gérer la technique sur jambes chargées, à basculer proprement entre course et marche — le Bambësch fait très bien le travail, à deux pas de la maison. La prochaine étape : augmenter le D+ sur les blocs longues distances, aller chercher le Mullerthal et les terrains plus montagneux. Mais cette base de ~103 km en trois jours consécutifs, c’est un bon point de départ.
Questions fréquentes
Oui, les deux boucles sont connectées au niveau du parking Spora/tennis Spora. Il est possible de démarrer par l’un, passer au second au point de jonction, puis revenir finir le premier. Comptez environ 20 km et 465 m de D+ selon les chiffres officiels VDL — un peu plus si vous partez directement de chez vous, comme je l’ai fait, ce qui ajoute du D+ supplémentaire selon votre point de départ.
J’ai fait Trail 3 en premier, basculement sur le Trail 2 au tennis Spora, Trail 2 complet, puis retour au Spora pour finir le Trail 3. Cela fonctionne très bien. L’avantage : le Trail 2, plus roulant, s’intercale comme une section de récupération relative entre les deux parties du Trail 3 plus technique. Ça change aussi le rythme mental — utile sur une longue sortie.
Pour du volume en forêt à proximité de Luxembourg-Ville, oui, c’est une très bonne option. Partir de chez soi pour ajouter du D+ supplémentaire permet de dépasser 500 m D+ sur 21 km — un bloc solide pour préparer des épreuves longues type The Great Escape 200 km ou un trail de 40 à 50 km. Le Bambësch ne remplace pas des terrains plus montagneux pour le D+ pur, mais pour travailler la gestion de la fatigue sur terrain technique, il fait très bien l’affaire.
Merci pour la lecture ! Si tu as des questions, des remarques ou simplement envie de partager ta propre expérience — les commentaires sont juste en dessous. Je lis tout et je réponds à chaque message.
47 ans, M45, traileur luxembourgeois. J’habite juste à côté du Bambësch et j’en profite. Ce weekend du 30 mai au 1er juin — 103 km en 3 jours consécutifs — marque le début du training pour The Great Escape 200 km. J’écris ce que je vis sous mes pieds, avec les données GPX pour le prouver. Mon parcours complet ici.
103 km en 3 jours. Les jambes tiennent. On commence.
Seb — Run Nature
Merci pour le détail des trails du Bambesch, c’est super cool ! Franchement il y a moyen de bien se faire plaisir avec du D+ et de faire une bonne séance de training. De mon côté j’ai commencé un entraînement pour le trail du Mullerthal (UTML), j’espère que ça va le faire. Merci pour votre expérience et pour le partage des traces GPX, c’est vraiment top. On va sûrement se croiser dans le Bambesch.
Merci beaucoup Gilles d’avoir pris le temps de lire et d’écrire ce commentaire, cela fait toujours plaisir. Oui, le Bambesch est vraiment très bien pour préparer les trails : on peut y faire du D+.
Aujourd’hui, j’ai fait deux sorties de 15 km avec un total de 700 D+. Bon, c’est clair, ce ne sont pas les Alpes, mais on peut vraiment se faire les jambes.
Dans tous les cas, nous allons sûrement nous rencontrer, le Bambesch est un peu mon fief 😄. Si vous voyez une personne portant un t-shirt run-nature.com, c’est moi à 100 % !
Merci Gilles et à très vite 👍