En bref : 18 000 coureurs, la nuit luxembourgeoise, un départ depuis le bloc élite et un objectif simple : passer sous mon RP de 1h32. Spoiler : 1h24:49. Nouveau record personnel, 18e M45, 142e/6102 au général. Voilà mon retour complet sur l’ING Night Marathon 2026 — le semi — données Kiprun à l’appui, ressenti brut, et quelques chiffres qui font réfléchir sur ma foulée.
Le contexte — un semi dans la prépa Great Escape
Ce semi-marathon, c’est pas une course isolée. Il rentre dans une préparation plus large — celle du Great Escape 200 km. Chaque course que je fais en ce moment s’inscrit dans ce cadre. L’ING Night Marathon, c’est une belle occasion de se tester sur 21 km à allure soutenue, de voir où on en est, et de rentrer sans casse.
Et dans deux semaines : une petite marche de l’armée avec un week-end choc 2 x 40 km. Autant dire que gérer sa récupération, c’est pas optionnel en ce moment. Ce semi s’est terminé par une séance home trainer — dans le garage, mon labo privé — pour drainer sans abîmer. Protocole assumé.
Le résultat — ce que tu veux savoir en premier
Ancien RP : 1h32 et des poussières. Nouveau RP : 1h24:49. Sept minutes et des brouettes arrachées sur un parcours qui monte bien dans les quatre derniers kilomètres. Honnêtement, je pensais pas faire ça ce soir-là. Mais les jambes répondaient, l’allure était là, et j’ai géré.
Le départ — bloc élite, 18 000 coureurs, pluie
18 000 personnes. C’est une grosse machine, l’ING. Et cette année j’ai eu la chance de partir depuis le bloc 1 — bloc élite. Et franchement, c’est le jour et la nuit par rapport aux autres blocs. Tu pars tranquille, à ton allure, sans te battre contre un mur de gens. L’atmosphère y est différente aussi — plus focalisée, plus calme avant le coup de départ. C’est un petit luxe que j’ai apprécié.
Avant le départ, j’ai croisé quelques connaissances sur la ligne — ils se reconnaîtront. Toujours un plaisir d’échanger quelques mots, de sentir que la communauté running luxembourgeoise est là.
Conditions du jour
Analyse des splits km par km
Tout a été enregistré. Voilà ce que ça donne km par km — et c’est là où on voit vraiment comment la course s’est construite. La montée finale à partir du km 17 ne ment pas.
| Km | Allure | FC moy. | FC max | Cad. | Note |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 3:45 | 127 | 140 | 94 | Départ — FC pas encore montée |
| 2 | 3:43 | 142 | 148 | 95 | ★ Km le plus rapide |
| 3 | 3:51 | 152 | 163 | 96 | FC max atteinte ici |
| 4 | 3:53 | 151 | 161 | 96 | Régime de croisière |
| 5 | 3:54 | 147 | 150 | 95 | FC qui se stabilise |
| 6 | 3:50 | 147 | 150 | 96 | — |
| 7 | 3:45 | 150 | 156 | 95 | Belle relance |
| 8 | 3:57 | 151 | 154 | 95 | — |
| 9 | 3:55 | 150 | 157 | 95 | — |
| 10 | 3:50 | 153 | 156 | 95 | Mi-course, toujours là |
| 11 | 3:47 | 151 | 155 | 96 | — |
| 12 | 3:50 | 149 | 152 | 95 | — |
| 13 | 3:49 | 151 | 154 | 94 | — |
| 14 | 3:47 | 149 | 153 | 95 | — |
| 15 | 3:56 | 148 | 151 | 94 | — |
| 16 | 3:51 | 151 | 154 | 93 | Dernier km plat |
| 17 | 4:08 | 150 | 154 | 92 | ↗ Ça commence à monter |
| 18 | 4:04 | 150 | 155 | 94 | ↗ Montée continue |
| 19 | 4:16 | 153 | 156 | 95 | ↗ Ça pique ici |
| 20 | 4:16 | 151 | 154 | 95 | ↗ Km le plus lent |
| 21 | 4:04 | 153 | 156 | 96 | Relance finale |
| +0,64 | 3:58 | 155 | 159 | 95 | ★ Finish — tout donné |
| Total | 3:55/km | 149 | 163 | 95 | 21,64 km — 1:24:49 |
Ce que j’ai ressenti sur la course
Franchement, rien de particulier à signaler sur les 16 premiers kilomètres. Les jambes répondaient, l’allure était là, la FC bien calée autour de 149-153. Je me sentais très très bien. Peut-être même un peu trop en réserve — et c’est là où avec le recul je me dis que j’aurais pu accélérer un peu plus tôt.
À partir du km 17, ça monte. Pas un mur, pas une pente à 15%, mais une montée continue qui se fait sentir dans les quadriceps. Je passe de 3:55/km à 4:16 sur les km 19 et 20 — c’est visible dans les splits. Et c’est là que j’aurais pu mieux gérer en accélérant dès le km 14-15 pour capitaliser sur le bon moment.
Le dernier km, j’ai remis une petite cartouche pour redescendre à 3:58. Et là où ça fait réfléchir : à l’arrivée, les jambes étaient ok. Pas de casse. Pas de courbatures explosives. Ce qui me dit qu’il reste une petite marge — et que l’année prochaine on peut faire mieux. C’est exactement le type de signal que je creuse dans mon article sur la fatigue centrale en ultra-trail : une réserve à l’arrivée n’est pas un défaut, c’est un actif pour l’ultra.
Le parcours — profil altimétrique analysé
Le D+ officiel annoncé est de 145m. Mon GPX calculé donne 172m — la différence vient souvent du lissage des données GPS selon l’algorithme utilisé. Dans tous les cas, avec 145m de D+ sur un semi, on parle presque d’un profil trail léger. Ça se sent dans les jambes.
Profil type : descente → plat → montée finale
Descente progressive de ~360m à ~311m. Le terrain joue pour toi — les premières allures à 3:43-3:51 s’expliquent en partie par ça.
Terrain vallonné entre 306m et 335m. Quelques relances, allure très régulière. C’est ici que la gestion d’effort fait la différence.
Remontée de ~316m à ~359m. Soit +43m sur 4 km. Pas une pente de dingue, mais sur des jambes fatiguées après 16 km à 3:50 de moyenne, ça se paie.
Les données de ma montre Kiprun en détail
Résumé complet — ING Night Marathon Semi — 16 mai 2026
J’ai d’ailleurs passé toutes ces données au crible de mon Dashboard et de son Coach IA — l’analyse complète et ce que ça change pour la prépa Great Escape.
Ma foulée à 1,34 m — petite mais efficace
En regardant mes données après la course, j’ai commencé à me poser une question sur ma foulée à 1,34 m. C’est court, non ? Comparé à des coureurs élite comme Jimmy Gressier qui tourne autour de 1,85-1,95 m en compétition. Sauf que Jimmy Gressier, c’est pas tout à fait le même niveau.
La réalité, c’est que la vitesse de course dépend de deux choses : la longueur de foulée ET la cadence. Et si tu as une foulée plus courte mais une cadence très élevée, tu peux aller aussi vite — parfois plus efficacement — qu’avec une grande foulée à cadence basse.
La mécanique simple — mon cas concret
- Cadence à 190 ppm — très élevée
- Moins de temps de contact au sol
- Moins de choc à chaque foulée
- Articulations préservées sur la durée
- 1,34 m × 190 ppm = 15,3 km/h
- Soit une allure de 3:55/km
- Sur 21,64 km avec 145m D+
- Jambes ok à l’arrivée
Je suis pas kiné, je suis pas médecin — je partage juste ce que mes données me montrent. Ce profil de coureur à haute cadence / petite foulée, c’est exactement ce que j’observe sur moi depuis que je fais attention à ces chiffres.
Nutrition — on ne change pas une équipe qui gagne
- Maurten Drink Mix 160 — 45 g de glucides
- Pris 1h avant le départ
- Pas de surprise, protocole connu
- Maurten Drink Mix 320 — 80 g de glucides
- Flasque 550 ml — pris régulièrement
- Ravitos officiels non utilisés
- Une petite gorgée tous les kilomètres environ
Le détail complet de ces produits — et pourquoi ils marchent pour mon estomac fragile — est dans mon test complet Maurten.
Chaussures — les Kiprun KD 900 LD à la plaque carbone
Comme d’habitude sur ce type de course, j’ai sorti les Kiprun KD 900 LD plaque carbone — les oranges, l’ancienne génération. Elles font le job. Légères, dynamiques, je les connais bien. Pas besoin d’expérimenter le jour d’une course, surtout quand il s’agit d’un RP. Je parle de toute ma rotation de chaussures dans mes 4 paires de chaussures trail Kiprun.
Après la course — famille, massage et home trainer
L’après-course, c’était sympa. J’ai attendu un peu sur place pour rejoindre mes enfants — ils participaient au team run et ont terminé 5e. Félicitations à eux, vraiment. C’est toujours un plaisir de partager ces moments en famille.
Ensuite, petite séance de massage proposée par l’Université Lunex — mollets, tendon, ischio. Franchement agréable. J’ai pas pris les prénoms des masseurs, j’ai complètement zappé mais merci à eux, c’était juste au top merci Lunex, et je ne suis pas sponsorisé par eux pour dire ça, donc si cela vous intéresse (Lunex) de me sponsoriser je suis ouvert à toute proposition.
Le lendemain : 1h de home trainer dans mon labo privé — le garage (j’ai ma salle de sport dedans). Pas pour faire du sport supplémentaire, mais pour drainer, décrassage, relancer la circulation, éviter de rester statique. Ce type de course rentre dans mon protocole d’entraînement — le corps doit récupérer intelligemment, et puis lundi on recommence le programme.
Ce que je retiens
Questions fréquentes
C’est l’un des plus grands événements de running au Grand-Duché, avec environ 18 000 participants. Il propose plusieurs formats : marathon, semi-marathon, 10 km, et des formats relais et team. L’édition 2026 s’est tenue le 16 mai, départ en soirée dans les rues de Luxembourg-ville.
Le parcours est loin d’être plat — 145m D+ officiels (172m calculés GPX). Le premier tiers descend, le milieu est vallonné, et les quatre derniers kilomètres remontent progressivement. Pas un mur, mais suffisamment costaud pour se faire sentir sur des jambes déjà sollicitées.
Mon protocole : Maurten Drink Mix 160 (45g glucides) 1h avant le départ, puis Maurten Drink Mix 320 (80g glucides) en 550ml pendant la course, pris régulièrement tous les kilomètres. Je n’ai pas utilisé les ravitos officiels — je préfère garder le contrôle sur ce que j’ingère.
Pas pour faire du sport en plus — mais pour drainer. Une heure de pédalage léger relance la circulation sanguine, aide à évacuer les déchets métaboliques et évite la rigidité musculaire post-effort. C’est une récupération active, pas une séance supplémentaire.
Pas forcément. La vitesse de course, c’est longueur de foulée × cadence. Avec une cadence à 190 ppm, une foulée de 1,34 m donne 15,3 km/h — soit 3:55/km. C’est ce que mes données montrent sur ce semi. Une haute cadence limite aussi le temps de contact au sol et préserve les articulations. Ce que j’observe sur moi, c’est un profil de coureur économique — je ne suis ni médecin ni kiné, juste un gars qui regarde ses chiffres.
Bonne récupération — et à bientôt sur les sentiers.
Seb — Run Nature


