Dimanche 23 août 2026, j’ai couru le tout nouveau format 19 km des Crêtes Vosgiennes, créé pour les 50 ans de la course. 19,3 km, 611 m de D+ sur ma montre, 1h40’54 au chrono officiel, 45e au scratch sur environ 859 arrivants. Pas pour la perf : ce format n’était qu’une sortie de préparation avant mon vrai objectif de l’année, le Great Escape 200 km.
Il y a des courses qu’on choisit pour la gagner, et des courses qu’on choisit pour ce qu’elles vont nous apprendre. Les Crêtes Vosgiennes 2026, pour moi, c’était clairement la deuxième catégorie. Retour complet sur ce week-end en Alsace, sur un parcours plus costaud que prévu, et sur pourquoi j’ai délibérément snobé le 53 km.
Pourquoi le 19 km et pas le 53 km ?
La question, je me la suis posée en boucle avant le départ. Sur le papier, j’avais largement le niveau pour viser le format long. Mais mon objectif principal de l’année, ce n’est pas les Crêtes Vosgiennes, c’est l’ultra trail The Great Escape, 200 km et 8000 m de D+. Si j’avais fait le 53 km, j’aurais accumulé une fatigue que je n’aurais peut-être pas pu bien récupérer, pour un bénéfice quasi nul sur ma vraie préparation.
Rester focus sur l’objectif principal, ça veut parfois dire refuser la distance qui fait envie. Le 19 km collait exactement à ce dont j’avais besoin : une sortie technique en montagne, avec un vrai dossard et un vrai départ pour retrouver les sensations de course, sans hypothéquer les semaines suivantes.
Bon à savoir : les formats 53 km, 33 km et 19 km des Crêtes Vosgiennes sont labellisés UTMB Index et comptent pour le classement ITRA. Même en le prenant comme une sortie de préparation, ce 19 km reste une vraie course qui compte sur le papier, mais bon en s’en fout un peu du classement, mdr.
Un parcours flambant neuf pour les 50 ans de la course
Ce qui rend ce 19 km particulier, c’est qu’il n’existait tout simplement pas avant 2026. Les Crêtes Vosgiennes fêtaient leur 50e anniversaire cette année, et l’organisation en a profité pour ajouter ce nouveau format en boucle depuis le Markstein, en plus des historiques 53 km et 33 km. Résultat : environ 3200 coureurs sur l’ensemble des épreuves, un record de participation pour la course créée en 1976 par Luc Marlier.
Le tracé passe par le lac du Ballon, le col du Haag et le chemin du Hofried, sur des sentiers du GR5. Autant dire que je découvrais tout, sans le moindre retour d’expérience disponible en ligne puisque personne n’avait encore couru ce format.
| Format | Distance | D+ | Départ | UTMB Index / ITRA |
|---|---|---|---|---|
| Le Cinquante | 53 km | 1700 m | Lac Blanc | Oui |
| Les Crêtes | 33 km | 1100-1200 m | Lac Blanc | Oui |
| Relais des Crêtes | 21 + 12 km | 1100 m | Lac Blanc | Non |
| Le Tour du Lac (mon format) | 19 km | 535-600 m | Markstein | Oui |
| Le Hohfried | 7,5 km | 170-175 m | Markstein | Non |
Weekend en Alsace : Colmar, dossard et repérage
On a transformé la course en petit week-end à deux, ma femme et moi (elle ne court pas, mais elle est venue quand même, il faut ce qu’il faut). Premier arrêt : Colmar, pour récupérer le dossard au magasin Run Aventure, l’un des points de retrait officiels avec le site le dimanche matin. On en a profité pour flâner une heure ou deux dans la ville, éclair et café en terrasse compris sous le soleil, avant de filer vers le Markstein.
Direction ensuite l’Hôtel Restaurant Wolf, au Markstein, à une centaine de mètres du départ, où j’avais prévu de dormir la veille. Arrivée vers 17h30 le samedi. Plutôt que de rester statique, j’ai fait une petite sortie de reconnaissance : environ 6 km et 150 m de D+, juste pour poser les pieds sur les 3 premiers et les 3 derniers kilomètres du parcours. Un simple aperçu, sans plus, avant de découvrir le reste le lendemain en course.
Pratique : les bâtons sont interdits sur toutes les épreuves des Crêtes Vosgiennes 2026, y compris sur les formats longs. Un point à anticiper si vous avez l’habitude de courir avec.
Le jour J : un parcours bien plus technique que prévu
Départ 9h00, petit-déjeuner classique, café croissant avec un peu de Maurten :), 2-3 kilomètres d’échauffement avant le départ. Cette course n’a jamais été pour moi un objectif de classement : avec 800 à 900 personnes au départ, l’ambiance était plus sympas avec un beau soleil sur les Crètes et pour la densité petite différence notable en comparant les plateaux luxembourgeois (plus densité et du gros calibre). Cette sortie, c’était avant tout de l’entraînement grandeur nature pour moi.
J’avais analysé le tracé GPX avant de partir, sans plus de détails que ça. Sur le terrain, la réalité a été plus rugueuse : je cours quasi exclusivement sur les sentiers luxembourgeois, plutôt roulants, et là, j’ai clairement senti le manque d’habitude sur ce type de terrain. Des passages en single étroits comme des fossés, des racines partout, des sections de cailloux roulants en descente qui ne pardonnent pas. Deux coureurs sont tombés autour de moi : un juste derrière moi, vers le 5e kilomètre, dans la première descente avant la fameuse côte du 8e km, fini en grand écart, tibia et genou en sang. Un autre, juste devant moi, avec une cheville sérieusement tordue.
À retenir : ne sous-estimez pas ce 19 km sous prétexte que c’est le format court. Le sol en cailloux roulants dans les descentes techniques a fait chuter plusieurs coureurs autour de moi. Des chevilles solides et un minimum d’habitude du terrain technique sont clairement un plus.
Ambiance, ravitos et cheveux blancs
Le reste de la course, c’était surtout du plaisir. Beau temps, chance sur la météo, température idéale. Les premiers ont vraiment cartonné devant. Les bénévoles étaient très cools, les ravitos généreux en produits locaux : saucisse, munster, Bargkass (aussi orthographié Barikaas) pour être j’ai cherché sur internet pour connaitre l’orthographe de ce fromage, mdr. Une médaille de finisher simple mais de qualitée à l’arrivée, mais toujours agréable à recevoir.
Ce qui m’a le plus plu, honnêtement, c’est de trouver des têtes nouvelles. Quand on court toujours au Luxembourg, on croise systématiquement les mêmes coureurs d’une course à l’autre. Là, nouveau plateau, nouveau calibre, et deux anecdotes qui m’ont bien fait rire. Au 12e kilomètre, après la grosse côte, je traverse une prairie pleine de spectateurs en pleine montagne alsacienne. Une jeune fille me lance un « allez, continue, bravo Marcel » en voyant mes cheveux blancs. Je lui réponds que je suis juste en échauffement, elle est morte de rire. Au 16e kilomètre, un spectateur assis sur un banc, à peu près de mon âge, m’interpelle : « les cheveux blancs, tu es presque arrivé ! ». Message reçu, je ne rajeunis pas, mais je finis quand même 45e.
Mon chrono et mon classement
Sur le terrain, la course s’est déroulée majoritairement en zone d’endurance avec quelques pics au seuil, et quelques relances sur les parties roulantes. Je termine frais, jambes intactes, ce qui était exactement l’objectif de cette sortie de préparation. Aucune fatigue après 19km et 575m de D+.
Sur environ 859 arrivants (dont environ 520 hommes) pour ce nouveau format, ma 45e place au scratch me convient tout à fait pour une sortie qui n’était pas pensée pour performer. Le vainqueur a bouclé le parcours en 1h11’11, un rythme très solide sur un terrain aussi technique.
Mes splits kilométriques
Les données GPS donnent une lecture assez parlante du parcours : la grosse montée se concentre entre le 9e et le 10e kilomètre, avec plus de 10 minutes passées sur le seul 10e km. Le reste alterne entre sections roulantes (km 6 et 17, sans D+ notable) et faux-plats qui n’en finissent pas, mais des faux plats techniques.
| Km | Temps | D+ segment | Km | Temps | D+ segment |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 5:30 | 55 m | 11 | 5:47 | 37 m |
| 2 | 4:23 | 16 m | 12 | 4:19 | 4 m |
| 3 | 5:17 | 45 m | 13 | 6:06 | 42 m |
| 4 | 4:49 | 12 m | 14 | 5:06 | 17 m |
| 5 | 4:48 | 15 m | 15 | 5:13 | 15 m |
| 6 | 3:56 | 0 m | 16 | 4:21 | 3 m |
| 7 | 4:44 | 19 m | 17 | 4:06 | 0 m |
| 8 | 4:15 | 5 m | 18 | 4:27 | 20 m |
| 9 | 6:56 | 85 m | 19 | 5:19 | 50 m |
| 10 | 10:33 | 165 m |
Le 10e kilomètre est clairement le morceau de résistance de la course : à lui seul, il concentre plus d’un quart du dénivelé positif total. Une fois passé ce cap, le parcours redevient plus roulant jusqu’à l’arrivée, avec juste une dernière relance sur le 19e km.
Le matériel du jour
Côté chaussures, mes Kiprun Kipsummit Max ont fait le travail sans surprise sur ce terrain technique, toujours au niveau pour moi. Côté nutrition, 550 ml de Maurten que je n’ai pas terminé, plus une flasque de 250 ml d’eau à laquelle je n’ai même pas touché : un format court n’appelle clairement pas la même gestion nutritionnelle qu’un ultra.
Le bilan avant le Great Escape 200 km
Une course plutôt cool, dans une très belle région où l’on mange bien et où les gens sont sympathiques. Organisation solide, balisage impeccable avec des petits drapeaux rouges tout du long. Je ferai sans doute un jour le 53 km, mais pas cette année : d’autres échéances m’attendent, à commencer par le Great Escape 200 km. Pour la préparation de ce dernier, j’ai aussi passé du temps sur le terrain vosgien lors de deux nuits en bivouac dans les Vosges, et sur des sorties dédiées comme le week-end choc de nuit à Bambësch.
Sur le fond, ce genre de course confidentielle mais exigeante me rappelle une réflexion que j’ai déjà eue en comparant l’UTMB et le Great Escape : la notoriété d’une course ne dit pas grand-chose de son exigence réelle. Les Crêtes Vosgiennes n’ont pas la hype de l’UTMB, dont j’ai d’ailleurs récemment décortiqué ce que disent vraiment les chiffres, mais sur le terrain, la substance était bien là. Objectif atteint pour cette sortie de préparation.
- Données GPS et FIT personnelles (distance, D+, allure, température) issues de ma sortie du 23 août 2026
- Site officiel de la course : cretesvosgiennes.fr
- Règlement officiel des Crêtes Vosgiennes 2026 : cretesvosgiennes.fr/le-reglement
- Article sur la 50e édition et le record de participation : remiremontvallees.com
- Classement officiel personnel, capture d’écran Sporkrono (dossard 3110)
Questions fréquentes
Le format officiel « Le Tour du Lac » mesure 19 km pour environ 535 à 600 m de D+ selon les sources. Sur ma montre, le tracé réel est ressorti à 19,3 km pour 611 m de D+, un écart classique entre distance officielle et mesure GPS.
Oui, plus technique qu’attendu : sentiers étroits type single, racines, sections de cailloux roulants en descente. Deux coureurs sont tombés autour de moi pendant la course. Un format court à ne pas prendre à la légère.
Oui. Les formats 53 km, 33 km et 19 km des Crêtes Vosgiennes sont labellisés UTMB Index et comptent pour le classement ITRA. Seul le 7,5 km en est exclu.
Le retrait se fait le vendredi et le samedi précédant la course au magasin Run Aventures à Colmar, ou le dimanche matin directement sur le site de départ (Markstein ou Lac Blanc selon le format choisi).
L’édition 2026, qui fêtait les 50 ans de la course, a réuni environ 3200 coureurs sur l’ensemble des formats, un record de participation. Sur le 19 km, on comptait environ 859 arrivants dont environ 520 hommes.
Un commentaire, une question, un retour d’expérience : tout est bon à prendre.
Traileur passionné basé au Luxembourg, en préparation pour le Great Escape 200 km. Je partage ici mes courses, mes tests terrain et ma préparation, avec des données réelles plutôt que des affirmations gratuites. Je ne suis ni coach, ni médecin du sport : juste un coureur qui raconte ce qu’il vit.
À bientôt sur les sentiers,
Sébastien — Run Nature























Salut je crois que tu m’as doublé sur la course car je me souviens de ton t-shirt run-nature que tu portais, en tout cas bravo pour ton chrono. Bravo et à bientôt peut être.
Merci Maxime pour ton message, ça me fait toujours plaisir de lire les commentaires ! 😊
Et yes, j’avais bien mon T-shirt Run-Nature pour la course, comme d’habitude, on fait un peu de pub pour se faire connaître 😂
Merci beaucoup pour tes félicitations, c’est super cool ! Et oui, pourquoi pas, car pour être honnête, j’ai vraiment adoré ce petit trail. Bon, peut-être que la prochaine fois je ferai le 53 km… MDR
En tout cas, si tu me vois sur une course, viens me voir, je serai super content de rencontrer un de mes lecteurs ! 😉