La PPG (préparation physique générale) pose les fondations du traileur : force de base, gainage, équilibre, sur 8 à 12 semaines environ. La PPS (préparation physique spécifique) arrive dans les 4 dernières semaines avant la course et transforme cette base en explosivité et en résistance à la descente. Dans cet ordre, pas l’inverse — la suite explique pourquoi et comment, sans jargon.
Article publié le 4 mai 2026, mis à jour le 1er octobre 2026.
Petit rappel d’honnêteté : je suis traileur passionné, pas coach diplômé ni médecin du sport. Ce guide, c’est un retour de pratiquant appuyé sur des sources (listées en bas de page), pas une prescription. Douleur qui dure, ancienne blessure ou doute sur un geste : va voir un professionnel.
Tu as 45 ans ou plus ? J’ai écrit un guide dédié aux masters (fréquence, sarcopénie, intégration dans la semaine) : guide PPG & PPS spécifique masters 45 ans et plus. Ici, on reste sur les bases valables pour tout le monde.
PPG et PPS, c’est quoi exactement ?
Deux acronymes qu’on lit partout dans le monde du trail, et qu’on mélange allègrement. Ce sont pourtant deux phases distinctes du renforcement : les confondre, c’est se priver d’une bonne moitié de la préparation.
| PPG — Préparation Physique Générale | PPS — Préparation Physique Spécifique | |
|---|---|---|
| Quand | 8 à 12 semaines, loin de la course | Environ 4 semaines avant la course |
| Objectif | Construire la base : force, gainage, équilibre | Transférer cette base vers la foulée de trail |
| Exercices types | Squats, fentes, gainage, équilibre unipodal | Squats sautés, bonds, excentrique en descente |
| Intensité | Poids du corps, geste propre, charge légère ensuite | Séances courtes et vives |
| Ce qu’on corrige | Déséquilibres gauche/droite, points faibles | Explosivité, tenue en descente |
Pour faire simple : la PPG construit le moteur, la PPS le met en route. Sans la première, la seconde n’a rien à transformer ; sans la seconde, la force reste dans le salon et ne se retrouve pas dans la foulée.
Pourquoi le trail a un besoin spécifique de renforcement ?
Sur route, c’est un mouvement répété sur du plat. En trail, c’est un petit défi musculaire permanent : montées, descentes, racines, cailloux qui roulent. Sans renforcement, les déséquilibres s’accumulent tranquillement — et un jour, ça lâche. Je le retrouve dans mon article sur la performance trail après 45 ans : le renforcement est la première séance qu’on sacrifie, alors que ce devrait plutôt être la dernière.
- Puissance en montée — quadriceps et fessiers plus solides pour pousser efficacement à chaque pas, même après plusieurs heures d’effort.
- Résistance en descente — le travail excentrique prépare les muscles à absorber les chocs répétés. Sans lui, les quadriceps lâchent en fin de course.
- Stabilité sur terrain technique — chevilles, hanches et tronc solides limitent les mauvaises surprises sur pierriers et racines.
- Économie de course — dans la revue de Blagrove et coll. (Sports Medicine, 2018), l’économie de course s’améliore de 2 à 8 % selon les études, face à un groupe témoin. Pas dans tous les cas, soyons honnêtes.
- Prévention des blessures — la méta-analyse de Lauersen et coll. (British Journal of Sports Medicine, 2018) conclut que le renforcement protège des blessures sportives, et que l’effet augmente avec le volume de travail. Attention : elle porte sur les sportifs au sens large, pas uniquement sur les traileurs.
Les exercices PPG clés pour le bas du corps
Version courte ici. Le détail geste par geste est dans mon article 5 exercices bas du corps pour dominer en trail.
| Exercice | Ce qu’il apporte | En PPG | En PPS |
|---|---|---|---|
| Squat complet | Quadriceps, fessiers, ischio-jambiers, mollets d’un coup | Poids du corps, geste maîtrisé | Squat sauté |
| Fentes marchées | Travail unilatéral, corrige les écarts gauche/droite | Fentes avant et arrière | Fentes sautées |
| Montées de mollets | Tendons d’Achille, propulsion | Sur une marche, amplitude complète | Version unipodale, plus vive |
| Hip thrust | Réveille des fessiers souvent sous-sollicités chez les coureurs | Dès le début de la PPG | Entretien, 1 série en moins |
| Chaise contre un mur | Endurance des quadriceps pour les longues descentes | Séries de 30 à 45 s | Version sur une jambe |
| Équilibre unipodal | Proprioception, chevilles sur terrain technique | Yeux ouverts, puis fermés | Sur surface instable |
Erreur fréquente : partir avec trop de charge trop vite. Maîtrise le mouvement au poids du corps d’abord. Une mauvaise technique répétée 50 fois, ça crée des déséquilibres — l’inverse de ce qu’on cherche.
Le haut du corps : l’oublié qui fait la différence
Beaucoup de traileurs ne pensent qu’aux jambes. Bon… sur un ultra, le haut du corps travaille aussi : posture, coordination, et bâtons. Sur The Great Escape 200 (207 km dans les Ardennes belges, que j’ai bouclé en 36 h 35 — le récit est ici), la propulsion bras/bâtons pèse une vraie part de l’effort en montée. Le détail est dans 5 exercices haut du corps pour progresser en trail.
- Gainage / planche — la base de tout : ceinture abdominale, lombaires, stabilité du bassin. Dix minutes après la séance, c’est déjà un bon départ.
- Planche latérale — travaille la chaîne latérale, utile dès que le terrain part en dévers.
- Mountain climber — cardio et renforcement à la fois, avec une gestuelle proche de la course.
- Pompes (variantes) — pectoraux, triceps, épaules ; utile si tu utilises des bâtons en montée.
- Burpee — tout le corps et la coordination ; à garder pour la PPS.
Comment planifier PPG et PPS dans ta saison
Petit repère de calendrier : on est début octobre. Si ton objectif est une course de printemps, c’est maintenant que la PPG se pose. Voici le découpage que je retiens (indicatif, à adapter à ta date de course).
| Période | Phase | Séances | Focus |
|---|---|---|---|
| Novembre → janvier | PPG | 2 par semaine | Poids du corps, qualité du geste, proprioception |
| Février → mars | PPG avancée | 2 par semaine | Endurance de force, un peu de charge, premiers sauts |
| 4 semaines avant la course | PPS | 2 par semaine | Explosivité, excentrique en descente, séances courtes |
| Semaine de course | Affûtage | 1 légère au maximum | Aucune nouveauté, on garde les sensations |
| Après la course | Entretien | 1 à 2 légères | Corriger les faiblesses repérées (mon dashboard Coach IA aide à les voir) |
Règle d’or : pas de renforcement intense et de fractionné le même jour, pas de gros renfo la veille d’une sortie longue. Et en période de compétition, mieux vaut garder une séance légère que tout arrêter d’un coup.
Les 5 erreurs les plus fréquentes en PPG trail
- 1. Trop de charge trop vite. Toujours commencer au poids du corps ; la qualité du geste passe avant l’intensité.
- 2. Ne travailler que les quadriceps. Ischio-jambiers et fessiers comptent autant : un déséquilibre entre l’avant et l’arrière de la cuisse, ça se paie tôt ou tard.
- 3. Négliger l’excentrique. C’est ce qui prépare le mieux aux descentes. Un squat lent, avec une descente en 4-5 secondes, s’intègre dès la PPG.
- 4. Tout arrêter avant la course. Garder une séance légère pendant l’affûtage ; couper net, c’est laisser filer ce qu’on a construit.
- 5. Ignorer la récupération. Le renfo fatigue les muscles et le système nerveux. Si tu arrives lessivé à ta séance de course, revois le planning — j’en parle côté sommeil et récupération après 45 ans.
En résumé : la PPG construit le moteur, la PPS l’optimise pour la course. Deux séances par semaine au poids du corps, de la régularité, une progression douce — et ça se sent vite en montée comme en descente. Même logique que l’endurance fondamentale après 45 ans : la régularité bat l’intensité. Pour aller plus loin : guide PPG & PPS masters 45 ans et plus.
Questions fréquentes
La PPG (préparation physique générale) construit la base musculaire — force, gainage, équilibre — sur 8 à 12 semaines environ. La PPS (préparation physique spécifique) prend le relais dans les 4 dernières semaines avant la course, avec de la pliométrie, du travail excentrique et de l’explosivité, pour transférer cette base vers la foulée de trail. On les enchaîne dans cet ordre : PPG d’abord, PPS ensuite. Pour le détail 45 ans et plus : guide PPG & PPS masters.
Deux séances par semaine suffisent pour démarrer, espacées des sorties intenses et jamais la veille d’une sortie longue. En phase PPS puis en affûtage, on passe à une ou deux séances plus courtes et plus légères : mieux vaut réduire le volume que tout arrêter d’un coup.
Oui. Squats, fentes, gainage, montées de mollets, chaise contre un mur et équilibre sur une jambe se font au poids du corps, chez soi ou dehors. L’essentiel est de maîtriser le geste avant d’ajouter de la charge, et d’être régulier.
Idéalement 12 à 16 semaines avant l’objectif : 8 à 12 semaines de PPG, puis environ 4 semaines de PPS. Pour une course au printemps, cela revient à démarrer en novembre.
Il vaut mieux l’éviter : un renforcement intense et du fractionné le même jour cumulent la fatigue musculaire et nerveuse. Évite aussi un renforcement costaud la veille d’une sortie longue.
- Lauersen JB, Andersen TE, Andersen LB. Strength training as superior, dose-dependent and safe prevention of acute and overuse sports injuries. Br J Sports Med, 2018;52(24):1557-1563
- Blagrove RC, Howatson G, Hayes PR. Effects of strength training on the physiological determinants of middle- and long-distance running performance: a systematic review. Sports Med, 2018;48(5):1117-1149
Courez fort — et préparez votre corps à tenir la durée.
Seb — Run Nature

Et toi, tu la places où, la PPG ?
Avant ou après la sortie ? À la maison ou en salle ? Dis-moi en commentaire comment tu t’organises, et partage l’article à un pote traileur qui zappe le renfo.
Je lis et je réponds à tous les commentaires.