
Widdebierglaf 2026 · Mensdorf · Distance 5,5 km · D+ 138 m · Chrono officiel 21:14 · 3e au scratch · 1er M45. Utilisé comme séance de fractionné déguisé — montée jusqu’au Widdebierg, descente à bloc. Kiprun KD900X carbone. Toni 2e, moi 3e : podium de famille en bonus. Et une minute de gagnée chaque année depuis 2024.
C’est quoi le Widdebierglaf ?
Le Widdebierglaf c’est une institution luxembourgeoise. Organisée à Mensdorf par les Widdebiergfrënn, la course existe depuis 1981 — relancée en 2013 après quelques années de pause. Deux distances : 5,5 km et 10 km, en soirée à 18h depuis l’église du village. L’eau servie aux coureurs vient d’une source locale du Widdebierg. Pas de gadget, pas de surplus — une course populaire qui a gardé son âme. Et c’est exactement pour ça qu’on y revient.
Je me suis inscrit au 5,5 km cette année. Pas le 10 — j’étais pas dans le mood pour doubler la distance ce soir-là, et surtout j’avais un plan : utiliser cette course comme séance de fractionné. J’en fais très peu dans la semaine — beaucoup d’endurance fondamentale Zone 2, peu d’intensité. Ces petites courses populaires c’est ma façon de faire monter le cœur sans me faire violence tout seul à l’entraînement. Et en plus y’a une ambiance qu’on ne peut pas reproduire dans la forêt du Bambësch un mardi soir.
Avant le départ — rituels et Nerval
Récupération des dossards, équipement, et une chose que je ne néglige jamais sur les courtes distances : les 5 dernières minutes avant le départ. Inspirations profondes, expirations lentes. Ce que j’appelle la méthode nerf vague. Ça me calme, ça me permet de prendre un maximum d’oxygène — parce que sur un 5,5 km ça part vite et à mon âge on ne rajeunit pas. Si tu pars dans le rouge les 500 premiers mètres, c’est fini.
Météo de juin : 24–25°C avec du soleil. Un peu chaud pour courir vite, surtout sur la montée. J’ai mis de l’eau froide sur le visage et la nuque juste avant le départ — ça aide. Les Kiprun carbone aux pieds, échange rapide avec des copains rencontrés sur d’autres courses luxembourgeoises, et c’est parti.
Le parcours — montée vers le Widdebierg, descente à bloc
Le parcours du Widdebierglaf 5,5 km c’est simple et beau : départ depuis l’église de Mensdorf, 500–700m roulants dans le village, puis ça monte. La montée dure jusqu’au km 3–3,5 pour atteindre le Widdebierg à environ 360m d’altitude. Ensuite une grosse descente d’1,5 km vers le village et l’arrivée. Profil classique des courses populaires luxembourgeoises — on sort du plat pour aller dans la forêt, on récupère en descendant.
Ce qui est intéressant sur ce type de parcours : la montée te trie, la descente te libère. Sur les 3 premiers km à 4:00–4:38/km, les jambes travaillent, le cœur monte. Et au km 5 — la descente — j’envoie à 3:14/km. C’est là que le fractionné prend tout son sens : l’alternance montée difficile / descente rapide, c’est exactement l’effet que je cherche dans ces courses.
| Km | Altitude | D+ | D- | Allure GPS | Profil |
|---|---|---|---|---|---|
| Km 1 | 250m | +15m | -9m | 3:41/km | Départ village — on est dans le rythme |
| Km 2 | 272m | +31m | -9m | 3:59/km | Ça commence à monter — rythme qui se tasse |
| Km 3 | 325m | +55m | -1m | 4:38/km | Le gros de la montée — point chaud du parcours |
| Km 4 | 325m | +35m | -35m | 4:18/km | Point haut Widdebierg → transition descente |
| Km 5 | 255m | +0m | -70m | 3:14/km | Grande descente — on lâche tout |
| Fin (0,4km) | 245m | +2m | -12m | 4:15/km | Arrivée village — dernier effort |
Données extraites du fichier GPX · Widdebierglaf 5,5 km · 13 juin 2026 · Allures GPS
La course — dans le groupe de tête, sans le savoir
Au départ je suis avec le groupe de tête. Les coureurs du 10 km sont mélangés avec nous — et certains parmi eux sont quasiment des professionnels, franchement très forts. Le premier du 5,5 km s’échappe vite, je le vois à peine. Pendant les 3 premiers kilomètres je n’avais aucune idée de ma position exacte — je n’avais pas regardé les dossards des concurrents, donc impossible de savoir qui était sur mon 5,5 km et qui était sur le 10 km.
Au km 3–4 je me fais doubler. Dans ma tête : bon, je vais finir 4e ou 5e voir plus — mais je me sentais plutôt bien dans mes jambes, et la descente approchait. Je donne tout ce que j’ai sur cette descente à 3:14/km — l’un des moments que j’adore dans ce genre de course, quand tu lâches les freins et que les jambes tournent toutes seules. Et j’arrive à l’arrivée. Je réalise que je suis 3e. Les coureurs qui m’avaient devancé étaient sur le 10 km — pas sur le 5,5.
Belle surprise en plus cette année : contrairement aux éditions précédentes où le podium du 5,5 km se limitait au premier, ils ont mis un podium complet pour la première fois — 1er, 2e, 3e. Ça change tout. Et cerise sur le gâteau : ma fille Toni termine 2e sur le même parcours. Père et fille sur le podium — c’est le genre de soirée dont on se souvient.
Le résultat et la progression — une minute par an
Mais ce qui me satisfait le plus, c’est pas le podium en lui-même. C’est la courbe. Depuis 2024 je fais cette course chaque année, et je progresse d’environ une minute par an. À 47 ans. En vieillissant. Ça, c’est le vrai résultat — et c’est ce que raconte le tableau.
| Année | Classement | Catégorie | Temps | Gain |
|---|---|---|---|---|
| 2024 | 4e scratch | 2e M45 | 23:26 | — |
| 2025 | 9e scratch | 1er M45 | 22:40 | -46 sec |
| 2026 | 3e scratch | 1er M45 | 21:14 | -1:26 |
2:12 de gagnées en 2 ans. À 47 ans, avec une approche centrée sur l’endurance fondamentale et peu d’intensité — mais de l’intensité bien ciblée via ces petites courses. C’est exactement la philosophie du Plan Norvégien : 80% facile, 20% dur. Et le 20% dur, parfois c’est une course populaire à Mensdorf.
Conclusion — à notre âge, s’entraîner intelligent
Ce Widdebierglaf 2026 confirme quelque chose que je crois profondément : à notre âge, il faut s’entraîner intelligent pour performer longtemps. Pas plus fort — plus juste. Beaucoup d’EF, peu d’intensité mais de qualité, et les courses populaires comme terrain de fractionné naturel. Le corps répond. Les chrono descendent. Et on prend du plaisir en chemin.
La suite pour moi c’est The Great Escape 200 km en septembre. Le Widdebierglaf c’était exactement ce qu’il fallait : une piqûre de rappel d’intensité, un podium pour la confiance, et une belle soirée en famille à Mensdorf.
Merci aux Widdebiergfrënn pour cette belle organisation. Et bravo Toni — 2e, tu l’as bien mérité.
Questions fréquentes — Widdebierglaf
Le Widdebierglaf est une course populaire annuelle organisée à Mensdorf par les Widdebiergfrënn. Lancée en 1981 et relancée avec succès en 2013, elle propose deux distances : 5,5 km et 10 km, avec des courses enfants. Départ à 18h depuis l’église de Mensdorf. Le parcours monte vers le Widdebierg puis redescend sur le village avec une vue panoramique. Plus d’infos sur widdebierglaf.lu.
Le parcours part de l’église de Mensdorf, traverse le village sur 500–700m, puis monte en forêt vers le Widdebierg (point haut ~360m d’altitude). 138m de D+ en 5,5 km. La descente finale de 1,5 km vers le village est rapide — au km 5 on peut atteindre 3:14/km. Profil idéal pour un fractionné naturel montée/descente.
Les inscriptions se font en ligne sur widdebierglaf.lu ou sur place le jour de la course au Centre Culturel de Mensdorf. Les inscriptions en ligne ferment généralement quelques jours avant l’événement.
Sur un 5,5 km avec dénivelé, oui — la plaque carbone aide sur les portions plates et la descente finale. Attention à ne pas les utiliser trop souvent à l’entraînement : une utilisation régulière peut solliciter les hanches et les tendons. Réserver les chaussures carbone aux compétitions, jamais à l’entraînement — c’est le principe que j’applique avec mes Kiprun KD900X.
Bonne course à tous, et à bientôt sur les sentiers.
Seb — Run Nature — club Spiridon Luxembourg


















