Plan A — Fischbach, 25km. Sentier fermé au bout d’1,5km. Plan B — ExtraTour A du Mullerthal Trail, 22km, départ Medernach. Et là : sucre mal géré, épisode digestif mémorable en forêt, montre non redémarrée, genou, cheville. Résultat : ~15km au lieu de 22, retour sur la piste cyclable. C’est le récit d’une sortie qui a tout raté dans l’ordre — et je suis quand même content de l’avoir faite.
Acte I — Le plan A tombe à l’eau
Le plan était simple. Mullerthal Trail – ExtraTour E, départ Fischbach, 25km, bonne sortie longue du week-end. Je me prépare, je charge le GPX (enfin j’ai cru l’avoir chargé, en fait non), je prends le ravitaillement — de l’Isostar, des compotes, le minimum pour un gut training (je ferai sûrement un article dessus car honnêtement c’est super intéressant). Je démarre. 1,5km plus tard : barrière. Chantier. Travaux dans la forêt. Fermé.
Pas de pancarte au parking. Juste une barrière orange bien moche au milieu du sentier, « suivre déviation »… blablabla. Demi-tour. Retour à la voiture. Je reste assis deux minutes à fixer le tableau de bord.
Option 1 : rentrer à la maison. Option 2 : trouver un autre trail. J’avais des jambes, du ravitaillement, et pas envie de rentrer pour rien. Direction Larochette — pour l’ExtraTour A du Mullerthal Trail. 22km au lieu de 25. Plan B activé.
Acte II — Medernach, c’était le vrai départ
Je pensais partir depuis le centre de Larochette. En cherchant le balisage, j’ai compris que le départ officiel de l’ExtraTour A, c’est Medernach. Petite confusion géographique pour bien lancer la journée. Le trail remonte ensuite vers Larochette de toute façon — donc pas de catastrophe, mais ça donnait déjà le ton.
Une fois le départ trouvé, des escaliers qui montent sec depuis le village, une vue sur le château de Larochette là-haut, et ensuite on bascule dans la forêt. Les sentiers sont impeccables. Quelques racines, quelques cailloux, rien de méchant. Pour un début mai, c’est juste magnifique — le vert explose, les chemins sont presque secs malgré la pluie de la veille. Les premiers kilomètres, rien à dire. C’est exactement pour ça qu’on fait du trail au Luxembourg.
Acte III — Le sucre, la forêt, et les chaussures
Vers le km 5-6, j’avais pris de l’Isostar et une compote. Gut training — entraînement digestif en sortie longue. Bonne idée en théorie. Ce jour-là, mon estomac avait d’autres plans.
Arrêt d’urgence. Dans la forêt. Loin de tout. Je vais faire court : ça s’est passé vite, j’étais mal préparé à la situation, j’ai eu de la chance avec les feuilles. Moins de chance avec les chaussures. On ne s’étend pas là-dessus. Vous avez compris.
Acte IV — La montre que j’ai oublié de redémarrer
Pendant l’épisode digestif, j’ai mis la montre sur pause. C’est normal. Ce qui l’est moins : je ne l’ai pas redémarrée. J’ai recouru environ 3km sans m’en rendre compte — plus de données, plus de kilométrage, plus rien. Quand j’ai regardé mon écran, ma montre m’affichait 1,6km là où le GPX du Mullerthal en indiquait 4,5. Trois kilomètres dans le vide.
Ma montre affichait 1,6km là où le GPX du Mullerthal en indiquait 4,5. Trois kilomètres non enregistrés. Les données sont tronquées. Pas dramatique pour l’entraînement, mais un peu frustrant pour l’analyse.
Acte V — Genou, cheville, et la piste cyclable
Autour du km 11-12, le genou commence à parler. Puis la cheville suit. Rien de grave — mais assez pour refaire le calcul. Il restait 10km de boucle. La journée avait déjà été généreuse en surprises.
J’ai vu sur ma montre un embranchement à droite — direction Larochette par la piste cyclable. 3-4km de plat pour rentrer proprement. J’ai bifurqué sans hésiter. Parfois l’intelligence, c’est de savoir quand on coupe.
Ce que je retiens quand même
Ça aurait pu être une journée complètement nulle. Un sentier fermé, un estomac capricieux, une montre en veille et un retour anticipé. Mais honnêtement, j’ai quand même couru 15km sur la montre (en fait 19km si je compte la partie qui a disparu 🤣), dans une forêt luxembourgeoise magnifique un matin de mai. Le bilan reste positif.
Le Mullerthal Trail, c’est vraiment un beau terrain. Sentiers propres, balisage dans les deux sens, passages le long des falaises de grès typiques de la région. Pas ultra-technique, pas énormément de dénivelé, mais des paysages qui valent le déplacement. J’y reviendrai — avec un estomac mieux préparé et la montre en mode enregistrement.
La vraie leçon du jour : pour mes prochains entraînements longs, je reste derrière chez moi. 10km avec 300m D+ fait deux fois = 20km / 600m D+. Trois fois = 30km / 900m D+. Pas besoin d’aller chercher midi à quatorze heures pour préparer le Great Escape.
Ce que je garde de cette sortie : même un trail raté reste un trail couru. 15km dans une forêt magnifique, un test grandeur nature de ma gestion nutritionnelle, et une leçon utile sur la fiabilité de mes entraînements à domicile pour préparer un ultra. Tout n’est pas perdu quand tout part de travers.
Questions fréquentes sur le Mullerthal Trail
L’ExtraTour A est une boucle de 22km au départ de Medernach dans le Mullerthal luxembourgeois. Environ 6h de marche ou 3-4h pour un coureur entraîné. Le parcours longe des formations rocheuses en grès, passe par les Noumerleeën et offre une vue sur le château de Larochette.
Oui, le Mullerthal Trail et les ExtraTours sont balisés dans les deux sens, ce qui permet de s’orienter sans difficulté — à condition que les sentiers ne soient pas fermés pour travaux, comme je l’ai appris à mes dépens.
Début mai, les sentiers du Mullerthal sont en excellent état. Propres, presque secs même après la pluie, et la forêt est magnifique avec les premières feuilles vertes. C’est probablement la meilleure période de l’année pour courir dans la région.
À bientôt sur les sentiers — et vérifiez que vos sentiers sont ouverts avant de partir.
Seb — Run Nature
Les sentiers ne s’arrêtent pas à la fin de l’article.
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